The big beauty ?

Comme j’étais ainsi, ne faisant rien, je me suis mise à lire ces magazines, livres, articles. J’ai voulu savoir comment l’autre pensait, être le témoin invisible de chaque étreinte échangée. J’ai voulu connaitre leurs pensées, leurs angoisses, leurs peurs. J’ai voulu savoir comment les personnes d’une même communauté, d’un même sexe fonctionnaient. Ce monde dont je ne voulais pas faire partie est devenu paradoxalement, ma principale obsession.  J’ai découvert une ode à une féminité dérangée, superficielle, affectée, malade. Une apologie de l’artificiel.

Un pastiche du Naturel.

Pas besoin de te dire que cela m’a profondément affectée.

Assise là, j’ai découvert que c’était extrêmement mal d’être très maigre mais que en contrepartie, être en surpoids, voir obèse était complément acceptable. Que de montrer du doigt une femme anorexique avec un regard haineux était parfaitement acceptable mais qu’en contrepartie critiquer une grosse était politiquement et éthiquement incorrect.

Je déclare donc Le Gros comme la nouvelle tendance.

Et promettre de ne plus utiliser ce mot. Tendance est comme  » je plussoie », « mais tellement » « rapport que » ou le magistral « ou pas »  des expressions dont j’imagine, lorsque je les lis, l’utilisateur celui qui se croit génial, malin, en avance « mais tellement » normal. Le cynique, le frustré.

Ainsi j’ai découvert des photos de grosses engoncées dans des vêtements outrageusement ajustés. Des couleurs criardes, des formes improbables mais surtout des  personnes malades à qui l’on fait croire que tout va bien.

Certaines pathologies, disfonctionnements sont à la mode lorsque d’autres sont sévèrement réprimandés.

J’ai vu des photos me faisant douter de l’honnêteté des commentaires. Parce que ces images nous confortent, nous rassurent, nous font grandir et espérer momentanément.

La misère des autres est parfois un baume pour nos propres souffrances.

We are fucked up.

Indeed !

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The Catcher

On passe le temps à lui dire qu’il est à coté, étrange, fucked up. Avec le temps il s’est fait à cette idée. Pourtant, quelques rares échanges lui laissent cette impression à la fois amère et agréable d’être mentalement bien portant mais irrémédiablement seul.